du Roi de Prusse. 37
h Maison d’Autriche, y sera pour la nécessitécle l’assoiblir, & par conséquent pour laguerre; il sait que les deux Belle-Isle, dé-vorés du besoin d'agir &í de s’élever, ont del’influence fur le Cardinal; il calcule cettetimide politique d’un vieillard qui n'ose sedéclarer le premier, mais qui, par la mêmefoiblesse, obéit à une impulsion donnée,parce que ce qu’il craint encore plus que lesévènemens, c’est qu’on ne lui reprenne lesrênes du gouvernement. Ainsi, en examinanttout, ce n’est q u'une audacieuse prudencequi détermine Frédéric, quand il entre enSilésie à la tête de soixante mille hommes.C’étoit au mois d’octobre que Charles VI.était mort, & c’est au mois de décembrequ’il lait cette invasion. Le Marquis de Beau-veau , que la France lui envoyoit pour le son-der sur ses dispositions, le rencontre en mar-che a la tête de son armée. Je vais, je crois,jouer votre jeu, lui dit Frédéric, fi les as meviennent, nous partagerons; trait plein definesse & de grâce, &c tel que le roi de Frusten’a jamais manqué d’en dire au milieu descrises les plus importantes de fa vie. Cetteliberté de tête, cette indéoendance des situa-tions, n’appartiennent qu’aux grands hom-mes, & elles prouvent L la fois, que leur' B 7