du Iloi de Prusse. 51
délivra l’Alsace, & qu’elle nous rendit enFlandres la supériorité qui produisit nos con-quêtes ? Et en revanche à quel danger nel’avions-nous pas exposé, en souffrant quele Prince Charles repassât tranquillement leRhin, en nous bornant après celà au siègede Fribourg , au lieu de le suivre avec vi-gueur, & en laissant ainsi au roi de Prussetout le poids des armes autrichiennes &saxonnes à soutenir?
Mais ce qui dans toute cette guerre, aumilieu de laquelle jamais la politique ne futni plus agissante ni plus compliquée, dut pa-roître bien nouveau a l’Europe, accoutuméeà ne voir ses Souverains parler que par desinterprètes, écrire que par des secrétaires,& traiter que par des ministres, ce qui rap-pelloit ces beaux-tems de l’antiquité, oùl’histoire ne fait mention d’aucun intermé-diaire entre les rois & les peuples, c’étoitun jeune prince négociant, parlant, écri-vant lui - même, avec une clarté, une dignité,une concision inconnue dans nos bureauxdiplomatiques, où Part est presque toujoursde ne pas aller droit au but, de noyer le sensdans les phrases, de s’envelopper de ténè-bres, afin de se préparer des subterfuges, &de ne pas faire usage de la vérité franche, qui
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