nu Roi de Prusse. 6r
dans un homme de lettres qui écrit l’histoire,de se dépouiller de ses préjugés d’état, d©nation ou de parti, il est sûrement plus mé-ritoire encore à un Historien - Roi, de semettre au - dessus de ceux du sang & dutrône. Frédéric, dans cet ouvrage, com-mence par rejetter les fables de fa Maison,qui est assez ancienne pour s’en passer; il nedissimule point la foibleífe de ses commence-mens, qui est une gloire de plus; il n’enfle& n’exagère rien; il fait son héros duGrand-Électeur qu’il avoir déjà bien effacé; enfin,s’arrêtant à la mort de son père : „ C’est à cé,» Prince , dit - il avec un ingénieux mê-„ lange de modestie & d’orgueil, que la,; Prusse a l’obligation du fonds de son ar-,, mée, &c par-là de tous ses succès; & si„ cette armée est devenue si formidable de-„ puis, il faut encore lui en attribuer le mé-„ rite, comme c’est à la vertu d’un gland„ qu’on rcdoit toute la force d’un chêne.”
A ces travaux importans, cet esprit infa-tigable ne cessoit de mêler des occupations:littéraires; c’étoient des éloges de savans &de membres de son académie, un poëme furl’art de la guerre , des épîtres en vers, &jusqu’à des opéra. Ce n’est pas quand jepuis louer Frédéric fous tant d’autres rapports
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