ÉLOGE
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da double, & le cinq novembre, en moinsde trois quarts d’heure, une manœuvre, faitecomme à l’exercice, la bat & la dissipe*Cinq mille prisonniers , beaucoup de dra-peaux, d’étendarts , de canons, une partiedes équipages, font les signes de la déroute!il auroit pu détruire cette armée en la pour-suivant, mais il n’avoit pas le loisir de com-bler fa victoire ; & jamais les succès ne don-nèrent à Frédéric cette ivresse qui fait perdrede vue le but principal. II s’agissoit, aprèsavoir sauvé la Saxe, de secourir la Silésie!il se remet en marche dès le lendemain avecíòn armée triomphante; en chemin il ap-prend que l’armée qui défendoit cette pro-vince, a été complètement battue sous Bres-íau ; & delà chaque moment lui apportel’avis de nouveaux malheurs. Le prince deBevern , général de cette armée , est pris,quelques jours après, dans une reconnois-íânce ; Breslau , avec dix ou douze millehommes de garnison, s'est rendu sans dé-fense. Sckweidnit{, avec six ou sept mille,a peu avant subi le méme sort. De toutecette armée qu’il alloit renforcer, il ne luireste plus que quelques débris qui le rejoi-gnent avec peine, & qui apportent plutôtdans son camp le découragement que l’espé-
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