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Éloge
funeste position, au comble de la í ortune.Aucun général ancien ni moderne ne peuts’honorer d’une campagne comparable; elledura neuf mois & demi, il y changea centdeux fois de camp ; il y donna en personnequatre grandes batailles , dont il en gagnatrois, Sc la dernière offre le dénouement leplus brillant qui ait jamais couronné ces tra-gédies terribles.
Je me fuis laiffé aller à traiter, avec quel-que fuite, cette campagne immortelle; maisd’une part, les limites qui me bornent, Scde l’autre , le nombre prodigieux de faitsqui s’offrent à moi, vont me forcer à mar-cher plus rapidement. Sans doute, une hi-stoire militaire du roi de Prusse ne fauroitassez abonder en détails, Sc tout en feroitprécieux pour les gens de guerre ; mais dansson éloge, ces détails veulent être plus so-brement répandus, l’auteur ne doit pas l’é-crire fous un seul rapport, Sc pour une feuleprofession, il doit tâcher à la fois de neriefiomettre, & de ne peser fur rien, il doit con-cilier à son héros des leéteurs de tous les gen-res, Si fe souvenir sens cesse qu’un hommede cet ordre appartient au genre humaintout entier. J’indique ici ce qu’il y a deplus difficile dans mon ouvrage, Sc l’e'cueil