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Éloge
artillerie immense. Trois hommes principauxcommandoient ou dirigeoient les armées i» 1 'périales, & tous trois, avec un esprit & destalens diíFérens, possédoient de grandesparties de la guerre; le maréchal Daun, dela sagesse, des lumières, une prudence quinui foi t quelquefois à des succès éclatans oucomplets , mais qui pouvoit rétablir desaffaires désespérées , & qui n’exposoit jamaisà des revers; le comte de Lafiy, alors quar-tier-maître-général de son armée, une con-noissance profonde de tous les détails, unegrande habileté pour le choix des camps, &une audace de conception pour des projetsoffensifs, qui remédioit au défaut du maré-chal Daun , & qui l’animoit & l’entraînoitquelquefois à entreprendre; le général Lau-don, qui, depuis 1758, commanda toujoursde grands corps d’armée, ce talent d’exécu-tion, ce sang froid, ce coup d’oeil dans lescombats qu’aucune théorie ne peut donner,& dont la nature ne fait présent qu’à ses fa-voris.
La campagne suivante, Frédéric eut doncbesoin de tout son génie, pour faire face îtses revers. Les Russes gagnèrent, fur le gé-néral JVedel, la bataille de Zullkhau. Fré-déric voulut réparer le malheur de son géné-