ELOGE
130
^'activité que nous ne concevions pas dansPhisloire des anciens.
Ai-je assez saitremarquerque jamais il n’îcombattu avec des forces supérieures, ni mê-me égales, &que fes plus belles batailles, il lesa gagnées avec des armées inférieures d’un tiers& quelquefois de moitié k celles de l’ennemi!
Ai-je parlé de son talent pour animer sestroupes, pour y maintenir, au milieu desplus grands revers, l’espoir & la confiance?Avec fes généraux, il étoit k la fois ferme Síafiectueux, avec les officiers particuliers, ilavoir de la grâce Sc de la dignité; avec lessoldats, il étoit affable & caressant, il tolé-roit qu’ils lui parlassent familièrement ; ilslui avoient donné entr’eux le nom de Frits,qui est en Allemand un diminutif de Frédéric ;Sc les diminutifs, dans toutes les langues,ont une intention amicale : curieuse chose kobserver que , tandis que les courtisans Scles écrivains ne savent jamais donner auxprinces que des surnoms de flatterie ou degrandeur, les soldats leur marquent toujoursleur estime par des noms d’amitié ; les unsfont des esclaves qui décorent leur idole ; lesautres, des compagnons qui témoignent dela bienveillance k leur chef. Quoiqu’il ensoit, quand le roi de Prusse passoit dans les