nu Roi de Prusse. 131
sangs de ses troupes, ou à portée d’elles, ils’entendoit appeller Frh{, Sc il sourioit avecbonté. Dans le malheur Sc dans les fatiguesexcessives, il leur permcttoit le murmure &même les sarcasmes ; il savoit que celk con-sole un peu les hommes, Sc qu’une disciplineéclairée doit tout voir, mais doit quelque-fois ne pas tout entendre.
Quand il punissoit k la guerre, ce n’étoitjamais avec cruauté. Jamais il n’a fait cou-ler le sang hors des combats. Soit effet defa bonté naturelle, soit qu’il connût mieuxque personne, que la guerre a ses hazards,& le talent ses malheurs, jamais il n’a faitjuger par des conseils de guerre, ses géné-raux battus. II s’esl toujours contenté, mêmeenfers les plus coupables en apparence, deles mettre aux arrêts ou en prison quelquetems, ou de leur donner leur démission.
Lorsqu’il récompensoit, car ses principesSc ses moyens ne lui permettoient pas defaire des grâces, c’étoit avec une justice &une mesure , c’étoit en même - teins avecUne manière Sc un charme qui devroientservir de leçon k tous les souverains. Onpourroit citer de lui beaucoup de mots quiont surpassé des bienfaits. On a conservédans son armée Sc dans son pays beaucoupF 6