du Roi de Prusse. 137
blent encore à l’avantage de Frédéric. II a*ombattu bien plus que César, il a gagnébien plus de batailles, & des batailles bienplus savantes; il s’est créé une puiílànce,Une armée, une discipline, & jusqu’à lascience avec laquelle il a vaincu; il n’a pas eudans les mains les moyens d’un grand em-pire , mais ceux d’un royaume au berceau,Lc d’une petite nation à peine comptée parmiles nations. II a eu en tête, non des peu-ples amollis ou des barbares à demi armés,non des ennemis inférieurs ou égaux, maispresque toute l’Europe ì la fois conjuréecontre lui, & les armées les plus agguerriesdu globe. Enfin, après une guerre brillante,& qui auroit déjà suffi pour lui faire unegrande renommée , il a combattu pendantseptans, non plus par ambition, non pluspour des conquêtes, mais pour ses foyers,pour fa couronne, & toujours fur le pen-chant d’un précipice, & cette guerre de septans , de laquelle il est sorti triomphant &tout entier , est la plus mémorable qui sesoit jamais faite entre des peuples policés,soit par la quantité des combattans, soit parle nombre & par l’importance des batailles,soit par les grandes leçons de Part.