Eloge
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plutôt d’erreur en erreur; elle multiplie lesévolutions, croyant multiplier ses moyensd’agir; elle ne s’exerce qu’en petits esca-drons, en petits régimens, en petits corps,an moyen de quoi elle n’a aucune habitudeni des grands fronts, ni des grandes distan-ces, ni de ces mouvemens par lesquels uneligne ou une aile entière doitrenverser, tour-ner, envelopper l’ennemi, enfin décider ourétablir un combat. Ce n'est qu’en Prusseque les cavaliers 6c leurs officiers ont cetteassurance, cette hardiesse à manier leurs che-vaux, qui, en semblant les confondre aveceux, rappelle l’idée des centaures de la fable ;ce n’est que là que le nombre des évolutionsest sagement restraint à ce qu’on fait, & àce qu’on peut faire devant l’ennemi. Ainsise mettre en colonne, parcourir de grandesdistances à différentes allures, se former enbataille, 6c aboutir au mouvement de chargequ’elle recommence, 6c auquel elle se fami-liarise fan s cesse, voilà à quoi toutes les ma-noeuvres de cette cavalerie se bornent. Cen’est que là qu’on voit des rassemblemens desoixante ou quatre-vingts escadrons, & d’esscadrons de cent trente ou cent quarante che-vaux effectifs, ayant des surnuméraires der-rière eux, donner la représentation de ce