E I O G E
158
qu’il gagnoit; en cédant les Pays-Bas, iln’abandonnoit que des provinces trop éloi-gnées de lui, des provinces ouvertes, &qu’il ne peut pas défendre, des provincesqui, au premier mécontentement de laFrance, peuvent être envahies par elle, &lui servir de gage Sc de dédommagement.C’étoit donc se fortifier doublement, & parce qu’il obtenoit, Sc par ce qu’il cédoit.Plus l’Empereur montroit de connoiífancede ses intérêts, d’activité, de dédain dufaste, d’économie, d’attachement à ses for-ces militaires, plus cet échange devoìt en-core allarmer l’Allemagne , Sc inquiéterl’Europe. Voilà ce qui ne pouvoit paséchapper à Frédéric ; aussi dès le moment, levieux lion étincelle & fort de l’état de repos.Frédéric réveille dans l’Empire la terreur qu’iln’a pas pour lui-même; il est bien sûr d’enimposer jusqu’au dernier moment de sa vie;Sc de mourir en paix; mais il embrasse l’ave-nir, Si il pense à la postérité qui n’aura passon appui, il déclare son opposition; il lamotive par des manifestes lumineux; il rap-pelle les principes Sc les loix de la constitu-tion de l’Empire ; il lève l’étendart d’uneligne Germanique, pour le maintien de cetteconstitution. Le duc de Deux - Ponts, hé-