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la nature. II aimoit passionnément les fruits,il en mangeoit dans toutes les faisons, & ilentretenoit pour cet effet de vastes & demagnifiques serres. Cette sensualité, quis’attache à des fruits & k des fleurs, & quis’environne du printems & de l’été, au mi-lieu des frimats, est peut-être la feule quisoit compatible avec la simplicité de la phi-losophie; elle n’a du moins rien que d’inno-cent, & elle n’est qu’un hommage de plusqu’on rend à la nature, en cherchant k pré-maturés ou a prolonger la jouissance de sesplus douces & de ses plus riantes produc-tions. O que tout voyageur, adorateur dela gloire & du génie, approchoit avec re-spect de la retraite de Frédéric! En sortant dePotsdam, où tout respiroít la discipline &la guerre, une allée presque toujours soli-taire conduisent k Sans - Souci. Lk jamaison ne rencontroit, comme fur le chemindes cours, ce fracas, ce tumulte, ce mou-vement perpétuel de la grandeur désoeuvrée,de l’orgueil qui va porter des chaînes & dePintrigue agissante. Lk, Pefpérance, l’avi-dité, l’ambition, toutes ces passions plussouvent malheureuses que satisfaites, ne ve-noient pas affliger les regards. On pouvoircroire arriver à la demeure d’un simple ci-