ÉLOGE
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les autres cours, & fur leurs intrigues ou su fleurs petitesses. II eût été plus grand k lu*de ne pas appuyer fur un contraste que f®personne & fa vie saisoient assez sentir. Mal*il avoit du moins la justice de ne pas s’ossefl'fer à son tour de ce qu’on difoit ou qu’otfimprimoit fur son compte. II règnoit dansBerlin une grande liberté de propos; cell 6de la presse y alloit presque jusqu’à la licence-Jamais aucun Prince n’a essuyé plus de libel-les , & jamais il n’en a puni aucun. Voltairea écrit fur lui, ou les plus atroces calomnies»si les faits font faux, ou les plus viles médi-sances, s’il a révélé les secrets de l’intimité»il le favoit, & il les a toujours mépriséespardonnées. Nous avons vu, il y a deu*ans, cet infâme & posthume recueil col-porté dans les sociétés de Paris, & enfin li-vré à l’impression. Le roi de Prusse pou-voit faire châtier les auteurs de cette info- Ilence, & il l’a dédaigné encore; c’est qu'iîétoit doux par caractère, & tolérant patprincipe ; c’est qu’il favoit aussi que la ven-geance accrédite les libelles, & qu’elle enfait naître de nouveaux, parce que les mé-dians redoublent leurs coups , dès qu’il®voient qu’ils ont frappé leur victime à f en-droit sensible,