du Roi de Prusse. 167
paroît que cet homme prodigieux fut bienplus son propre ouvrage que celui de la na-ture. II étoit né avec une santé foible, &st l’a fortifiée par ses travaux: il aimoit unevie voluptueuse & recherchée, & dès qu’il! fut sur le trône, il se l’imposa régulière &| laborieuse; il ne pouvoit, dans là jeunesse,supporter les détails militaires , & par sy-stème, il se fit à la fois le premier des gensde guerre & le premier des généraux. Ona dit qu’à fa première bataille, à la bataillede Molwit il s’étoit retiré, de fa personne,après U défaite de fa cavalerie, fans attendrel’évènement du combat, que son infanterieavoit rétabli & gagné fans lui. En admet-tant ce fait, soit comme médisance, soitcomme calomnie, c’est un prodige de plusà admirer, que ce courage qu’il déploya de-| puis, & cette force de ressort qui le renditUn héros le reste de fa vie. Qu’il est enEsset honorable pour l’humanité, que c’estUne belle rivalité du génie avec la nature,que ce caractère que la méditation a peut-étre réformé ou aggrandi en silence, que cetenfantement d’un tystéme qui a tracé la con-duite (Sc qui a réglé toute la vie! Alors aussi,st n’y a ni variation, ni décadence, &l’hormne qui s’ est ainsi fait ou perfectionné