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ARMEEdps PyrénéesOccidentales ..

26 avr. 179^.

(7 floréal an II.)

CAMPAGNE DE L’AN II. (1794.) 35

des hauteurs qui dominaient le nouveau camp. Latour-d’ Auvergne à la tête des grenadiers de l’armée, rendit en ce jour les servicesles plus importans.

Ce camp offrit, dans cette guerre, le premier exemple d’un campharraqué, construit d’après un plan régulier. Malgré l’éloignementdes matériaux qu’on était obligé d’aller chercher dans les Landesde Bordeaux, il fut exécuté avec promptitude, sous la directionde l’adjudant-général Lomeb , qui en avait proposé le plan augénéral Muller : des retranchemens furent tracés sur-le-champ parle chef de bataillon du génie Bordenave.

Il y eut, pendant long temps, quelques affaires partielles, maissans avantage décisif. Les Espagnols passent la Bidassoa , forcent nosavant-postes ; ils s’avancent sur une colonne formidable , pax’eiîle àcelle de la journée de Fontenoy, et rappelant cette infanterieespagnole si redoutable avant la défaite de Rocroy . En vain on tâchede l’entamer : tout fuit devant elle. L’adjudant général Lornet,témoin de ce spectacle, propose au brave Latour d’Auvergne dela couper par des batteries d’artillerie légère placées sur ses flancs.

Cet avis est goûté, mis à exécution : la colonne est coupée; Fré-geville rallie nos troupes, qui fondent sur les ennemis la baïon-nette en avant.

Un mois après, l’armée s’ébranle sur toute la ligne, se met en 2 3 juin 1794.marche, enlève en huit jours les différentes positions des ennemis,deux places fortes .et une immense artillerie. Le général Labordefit des dispositions qui réussirent. On attaqua les redoutes de Com-missary : l’une de ces redoutes, presque impénétrable, offrait leretranchement le plus perfectionné qu’on ait vu dans cette guerre:toutes sont emportées. Pendant cette opération, Frégeville bom-bardait Fontarabie et débusquait les Espagnols de leurs positions.

Dans un conseil de guerre, il est arrêté que, le 14, le généralFrégevill e passerait la rivière au seul gué praticable; il n’y avaitqu une heure d’intervalle de marée basse : une fois de l’autre côté,il fallait vaincre ou se noyer. Le général Moncey devait couper à