CAMPAGNE DE L’AN VIII. (1800.) 77
après avoir occupé le général autrichien, couvert et facilite laréunion des trois divisions, était rentré en Franct?, avait remontéle Rhin et rejoint par les derrières le reste de l’armée, qui se trouvadès lors réunie dans une position avantageuse.
Kray revient sur ses pas pour soutenir sa gauche campée prèsdu lac de Constance . Moreau voulait s’ouvrir un passage pourpénétrer dans un pays sans défense , après avoir détaché lesAutrichiens des Grisons . Les deux armées se rencontrèrent et sebattirent long-temps à Engen et à Stockach ; l’avantage demeuraaux Français qui, le surlendemain, recommencèrent à Moerskich,et peu de jours après à Biberach , et remportèrent, en moins dehuit jours, trois victoires successives. Kray sentait combien il étaitimportant pour lui d’empêcher l’exécution du projet de Moreau;mais il fut obligé d’abandonner la rive droite du Danube , ne pouvan ts’y maintenir avec des troupes battues trois fois : il se retire àUlm dans un camp retranché et avantageusement situé. Après lajournée de Biberach , Moreau détacha de son armée vingt millehommes sous les ordres du général Moncey , qui les conduisiten Italie , par le mont Saint-Gothard, pour se joindre à l’arméede réserve dont nous allons parler. Ce secours faisait partie essen-tielle du plan de campagne adopté pour les opérations des deuxarmées.
Rassemblée à Dijon , formée en grande partie de conscrits, cellede Réserve se trouvait trop éloignée du théâtre de la guerre ; elleavait devant elle trop d’obstacles pour inspirer de grandes craintes.Un mois après les mouvemens des Autrichiens, commandés parMêlas , elle se met en marche sous la conduite de Bcrthier queBonaparte vint rejoindre dans le Valais ; elle franchit le S.-Bernard.Arrêtée au bout du Val d’Aost, par le fort de Bard, elle gravit, àla vue de l’ennemi, le mont Alharedo, où l’on n’avait point encorepasse, et laisse bloquée derrière elle cette porte d’Italie . A mesureque 1 armée de Réserve descend par le sud, d’autres divisions arriventpar différens débouchés des Alpes pour la rejoindre, ou placer
ARMÉEDU RHIN.
Bataille
d’Engen.
ol3 avr. 1800.( 1 3flor.aaVIii.
ARMÉEDE RÉSERVE.