ARMEEDU RHIN.
76 CAMPAGNE DE L’AN VIII. (1800.)
sorties heureuses; mais il se vit bientôt obligé de resserrer sa lignede défense et de retirer ses gardes avancées. Mêlas pousse le siègeavec vigueur, rejette le général Sachet vers la France , soumet tousles environs de Gênes, et entre dans Nice (1).
Pendant ces premiers succès, qui faisaient augurer au généralMêlas une campagne avantageuse et brillante , nos troupes com-mençaient à agir sur les bords du Rhin .
Vers la fin d’avril (germinal) trois corps débouchent à la foispar Kehl, Brisach, Bâle , et se dirigent vers l’est : le premier pro-tégeait les mouvemens; les deux autres joignent une quatrièmedivision qui venait de se frayer un passage près de SchafTouse.Kray s’était porté sur la crête des montagnes qui coupent la Souabe du nord au sud: son intention était d’arrêter Je premier corps qui,
(1) L’importance de Gênes avait tout fait mettre en usage par l’ennemi pours’en emparer. Au 10 germinal an VIII ( 5 avril 1800 ), jour de la reprise des hos-tilités, l'aile droite de l’armée d’Italie , commandée par le général Soult , était dequinze mille hommes ; le surlendemain il y eut une affaire à Mascarolle, où legénéral Gazan eut l’avantage. Les jours suivans, à l’attaque de Costa-la-Longa, legénéral Gardanne fut blessé; à celles del’Hermette, de Cogoletto , Oudinot et Suchetharcelèrent un ennemi supérieur en nombre. Les 19,. 24 et 27 germinal( 9, 14 et17 avril) à Torriglia-,, à Saint-Martin d’Albano, et près du-fort du Diamant, nostroupes, sous les ordres du général Miolis, soutinrent des combats où nous eûmesl’avantage. Malgré le dénuement de l’armée, le général Masséna fit, pendant quinzejours, une offensive brillante : ensuite forcé de céder au nombre, il se renfermadans Gênes on il fut bloqué pendant soixante jours. Le 10 floréal ( 5 o avril) legénéral Otto attaqua la ligne française par les mêmes dispositions que M. de Schu-lembourg avait faites le i 3 juin 1746 pour combattre M- de Boufflers , qui défen-dait la ville. Le même jour, îo floréal( 3 o avril) les Autrichiens, qui avaient préparéune attaque générale, s’emparent des forts de Quezzi, de Richelieu, donnent l’assautà celui du Diamant ; mais ils sont culbutés et les forts sontrepris. Cettejournée vitlesAutrichiens tour à tour vainqueurs et vaincus. Le 21 floréal (11 mai) les assiégés repous-sent les ennemis dans les retranchemens de Montefaccio : Soult est blessé et pris. Enfin,le 14 prairial (5 juin), Masséna , voyant ses troupes épuisées, consentit à l’éva-cuation. Voilà quelques détails que notre plan 11e pouvait nous permettre. Legénéral Thiébaut a été l’un des acteurs principaux et l’historien de ce blocus.