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Conquête duHanovre .

27 mai i8o3.

(7 prair. an XI.)

3 juin,

( i4 prairial. )

CAMPAGNE DE L’AN XI. ( i8o3.)

Le roi d’Angleterre ne possédait en Eui'ope que l’électoratd’Hanovre : l’invasion en est projetée. Le premier Consul organiseun corps d’armée dont il confie le commandement au lieutenant-général Morbier . Ce général se rend à Coeverden, où son quartiergénéral l’avait précédé; et, pour forcer la tête de pont de Niewbourget culbuter dans le AVeser l’ennemi qui avait rassemblé toutes sesforces sur la rive droite de ce fleuve, il prend toutes les dispositionsqui devaient lui assurer le succès de la campagne et la conquêtedu territoire ennemi. Au moment de l’exécution, l’armée s’ébran-lant pour se mettre en marche, ce général reçoit des députéscivils et militaires de la régence d’Hanovre , avec lesquels il conclut,à Suhlingen, une convention qui livre aux Français le Hanovre etles forts qui en dépendent. L’armée du roi d’Angleterre est pri-sonnière de guerre : le duc de Cambridge qui la commandait,s’échappe, s’embarque, et les Français sont maîtres de tout lepays et des embouchures de l’Elbe et du Weser .

Les puissances continentales paraissaient décidées à ne prendreaucune part à cette guerre. L’Autriche n’avait pas cependant observédans toute leur étendue les traités conclus avec la France . Ladette de Venise n’était point acquittée; des obstacles entravaientles relations commerciales entre le royaume d’Italie et les étatshéréditaires; l’Autriche aggrandissait son territoire par des tran-sactions particulières. Par ses acquisitions en Souabe ( notammentpar celle de Lindau , position militaire importante pour elle ), elleaffaiblissait la barrière qui devait la séparer de la France , et faci-litait ainsi la première agression quelle tenterait contre l’Empirefrançais . Enfin elle souffrait, sans se plaindre, que la neutralitéde son pavillon fût violée à notre détriment. Tous ces griefs, avectout autre prince que l’empereur Napoléon, eussent pu devenirautant de motifs pour déclarer la guerre : mais il voulait la paix;et pour faire reprendre les armes à celui que la victoire avait cou-ronné tant de fois, il fallait une agression positive.

Le cabinet britannique, se jouant de la neutralité convenue avec