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88 CAMPAGNE DE L’AN XIV. (i8o5.)

prochaine; enfin, qu’une armée russe était en marche pour sejoindre aux Autrichiens.

Nos frontières continentales étaient dégarnies et désarmées, etla plus grande partie des forces de la France se trouvait à troiscents lieues de Vienne .

L’Empereur des Français voulant encore éviter la guerre, pressel’empereur d’Allemagne de s’expliquer, et lui fait voir les mauxqu’il se préparait. Ne pouvant plus énoncer des protestations paci-fiques dont la fausseté eût été trop évidente, l’Autriche , aprèsquelques délais, répond enfin par des accusations.

Au moment où Napoléon donnait des ordres pour entrer encoredans des explications qui tendaient à conserver l’harmonie entreles deux gouvernemens, il apprend l’invasion de la Bavière parles troupes de l’Autriche qui venaient de passer flnn en pleinepaix.

Il ne restait plus qu’à courir aux armes, à devancer l’ennemide vitesse, à l’aller chercher au lieu de l’attendre. Des ordres sontdonnés et exécutés avec tant de promptitude, qu’au moment oùnos corps d’armées arrivaient au Danube, les cabinets de Londres et de Vienne les croyaient encore sur les bords de l’Océan.

11 n’appartient de décrire la campagne la plus rapide et la plusbrillante qu’à celui dont le génie en a conçu le plan. Nous expo-serons seulement la marche des troupes et l’ordre des principauxfaits militaires : les détails ne sont point de notre ressort. Ces ré-sultats des ordres donnés par le guerrier qui conduisit tant de foisnos armées, doivent être transmis par lui ou par l’un des bravesqui secondèrent ses projets.

„ Indépendamment de l’armée d’Italie, les Autrichiens avaient un

dai’aaXiV. corps de vingt-cinq mille hommes dans le Tyrol , un autre desoixante mille dans la Souahe, aux environs d’Ulm, et un troisièmede vingt mille dans la Bavière . Ces trois corps occupaient la droitedu Danube . Les séparer pour les battre en détail, tel est le plan