503 événemens du blocus
« farine suffisante pour nourrir la garnison deux fois vingt-quatre« heures, et que les moulins à bras , dont six n’étaient que des égru-« geoirs en forme de moulin à café, et deux autres n’avaient que de« très-petites meules ; ce qui produisait "très-peu de farine , exigeaient« beaucoup de bras depuis le commencement du blocus, et ne four-« nissaient pas la cinquième partie de ce que pouvait consommer la« garnison qui, avec les pontonniers, domestiques , etc., était évaluée« à 3,6oo hommes, tout au plus a,55o portant les armes. *
Joignez à ce nombre de consommateurs 1,200 habitans au moins,cela formera un total de 4,800 bouches à entretenir par jour. Il n’étaitplus possible de subvenir au besoin de tant de monde avec si peu deressources. Cependant le général de brigade Durand avait fait dimi-nuer quatre onces de pain et la double ration des pontonniers dès lecommencement du blocus, malgré les murmures de la garnison.
L’on craignait, et avec raison, une attaque de nuit sur les frontsde la queue de l’île. Le ciel nous avait tellement contrariés , que leRhin , dans cette partie, était très-bas , et presque à sec en plusieursendroits, ainsi que les fossés de la place.
L’on craignait encore que de concert avec cette première attaque,il ne s’en fit une autre par l’île de Tallwnden , dont l’ennemi étaitmaître. Nous avons appris , après la reddition de la place , que noscraintes étaient bien fondées ; que le même soir où la place a ca-pitulé , l’on devait nous attaquer et livrer assaut , comme nous' l’avions prévu.
Quel parti y avait-il donc à prendre en des circonstances aussi fâ-cheuses et aussi affligeantes ?
Le conseil de guerre s’est déterminé à proposer au général Durandde capituler.
i.° Parce que la principale défense était totalement éteinte, puisquenos quatre cavaliers du fort étaient démontés, et nos artilleurs harassésde fatigue.
2. 0 D’après le compte rendu au conseil de la pénurie de subsis-tances en farines , de la difficulté de faire moudre le peu de grains