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ÉVÉNEMENS DU BLOCUS

combattre près de trois mille hommes retranchés derrière leur parallèle ; et le campdes assiégeans n’étant pas éloigné, le secours serait encore arrivé assez à temps pourrenforcer les troupes ennemies à la tranchée. De plus , il y avait constammentaux extrémités des parallèles de la cavalerie, qui, étant en plus grand nombre que lanotre et lien armée , aurait infailliblement coupé la retraite de nos troupes sur laplace. Ainsi toute sortie eût été imprudente par l’impossibilité du succès.

Quoique les assiégeans aient tiré 12,000 coups de canon sur la,place, ce n’estpas ce qui a fait le plus grand mal à notre artillerie : ce sont les bombes et obus(qui ont été tirés en quatre jours au nombre de 16,000 ) qui ont démonté nospièces ; et nous ne pouvions faire taire ces mêmes batteries qu’avec le feu desmortiers de la place, dont quatre de nos plus forts calibres avaient été démontéssur les cavaliers, et le peu qui en restait tirait mal et ne produisait pas d’effet.

Nous avons donc été obligés, malgré tous nos efforts , de nous laisser brûler sanspouvoir l'empêcher en aucune manière.

Il n’y avait pas assez d’artilleurs dans la place : qu’est-ce que 70 hommes, ycompris les officiers et sergens, pour 110 bouches à feu? Le peu qu’il y en avaita très-bien servi. Ils ont fait un feu terrible pendant deux jours et deux nuits -,( au fort d’Alsace seulement, l’on a consommé dans un jour 12 milliers de poudre ; )mais il fallait prendre du repos : il n’est pas possible que les mêmes hommes tra-vaillent toujours sans relâche, avec autant d’activité qu’il en fallait en pareille cir-constance. On a donc été obligé de ralentir le feu les deux derniers jours; puisles batteries étaient démontées.

La garnison du Fort Vauban n’était pas assez nombreuse. Dès l’instant que leslignes de la Fauter ont été forcées, il fallait la compléter et lui donner 120 maîtresd’artillerie, six mille hommes de garnison, deux escadrons de dragons ou chas-seurs bien armés.

Avec autant de ressources, l’on aurait pu repousser l’attaque de la rive gauchedu Rhin , faire de fréquentes sorties et culbuter les travaux de l’assiégeant, ou aumoins en retarder les progrès.

Mais il manquait au Fort Vauban des farines, et, malgré toutes les réclamationsfaites à cet égard, il n’a jamais été possible d’en obtenir la quantité suffisante.

Ainsi, dans la position où nous nous sommes trouvés, plus d’hommes n’auraientservi qu’à faire rendre la place encore plus tôt.

Tout le monde sait qu’il faut une garnison proportionnée à l’étendue de terrainque l’on veut conserver, et des vivres pour cette garnison. L’un et l’autre man-quaient dans la place du Fort Vauban.

Signé CHAMB ARLHIAC,