Dans les premiers jours de frimaire ( à ïa fin de novembre ), lesassiégés étaient déjà fortifies solidement sur les hauteurs du Cap Brunet de Malbousqueb, et sur celles qui sont à l’ouest de V Eguillèbe etde Balagrder. A cette époque nos dispositifs d’attaque n’étaientautre chose que des batteries provisoires placées avantageusementparle chef de bataillon Bonaparbe , commandant en second de l’ar-tillerie (i), destinées à combattre les batteries avancées des ennemiset à en préparer les attaques. L’une d’elles, établie sur la hauteur deBrégaillon, avait nettoyé une paitie de la petite rade, et obligeaitles vaisseaux ennemis à se tenir éloignés.
Le 5 frimaire ( a 5 novembre ), il se tint un conseil de guerre com-posé des représentans du peuple, de tous les généraux, des chefsde l’artillerie et du génie. Le général Dugommier déclara n’avoir que2 5 ,ooo hommes au plus en état de combattre , et qu’il savait que nosennemis étaient dans Toulon au nombre de 17,000 hommes , noncompris les garnisons des vaisseaux. D’un autre côté, le commandantde l’artillerie annonça n’avoir pour le moment que 180 milliers depoudre; que de plus grandes quantités étaient annoncées , mais queleur arrivée était encore incertaine. Cette faiblesse de moyens fît dé-cider avec raison qu’un siège régulier était impossible pour le mo-ment. Alors le général en chef lut un projet d’attaque pour les fortsextérieurs, qui fut suivi de la lecture d’un autre plan prescrit par lecomité de salut public. Ces deux plans différaient fort peu l’un del’autre. Après une discussion approfondie , il fut résolu que le plustôt possible la grande redoute, dite la redoube anglaise , située sur lahauteur dominante à l’ouest de VEguillète , la montagne de Faron ,et ensuite, si la fortune nous souriait, le fort de Malbousqueb
(1) C’est à ce siège que le général Bonaparte , alors chef de bataillon, préludaitaux exploits immortels qui ont rempli l’univers de son nom. Il entraînait les chefsde l’armée par l’ascendant de son génie •• non-seulement il dirigeait l’artillerie,dpnt il n’était que le commandant en second, mais encore il dirigeait toutes lesautres armes. En un mot, il était famé de ce siège important.