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PRISE DE TOULON ,seraient insultés. Une fausse attaque fut résolue sur le Cap Brun. Onespérait que la prise de la pointe de VEguillète nous mènerait àchasser les vaisseaux ennemis de la petite rade, et même des ports,ou à les y brûler, si le vent contrariait leur fuite. La place devaitêtre ainsi privée des secours qu’elle recevait incessamment par la mer.Le bombardement devait suivre de près ces diverses expéditions , etchacun paraissait persuade' que ces mesures , couronnées du succès ,seraient suffisantes pour déterminer la reddition de la place , sansêtre obligé de déployer l’appareil des attaques ordinaires.
Cependant, malgré ces apparences flatteuses et pour prévoir toutesles chances , le commandant du génie fit tous les préparatifs néces-saires pour se procurer tous les matériaux dont on aurait besoin dansle cas où l’on serait obligé de cheminer par tranchées. A cet égardrien n’e'tait fait ; tout était à faire.
Notre armée était partagée en deux divisions qui n’avaient entreelles qu’une communication difficile et éloignée à travers les rocherset les défilés des montagnes. Celle de l’Est, commandée par le généralLapoype , occupait les environs du village de la Valette. Celle del’Ouest où se tenait le général en chef, gardait tout l’espace com-pris entre la plage de Faubregas et le B au de quatre heures. Cegrand développement, la faiblesse de l’armée et la force de l’ennemidécidèrent le commandant du génie à proposer au général en chefune partie de ligne de contrevallation destinée à fermer les valléesqui s’étendent entre les hauteurs de Piécayas , des sirènes, desGaux et de la Goubran, par lesquelles la garnison pouvait le plusfacilement déployer des sorties. Le général en chef goûta fort ce pro-jet dont il sentait la nécessité, et dont il ordonna la prompte exécu-tion. Le commandant du génie espérait que douze cents travailleurs,relevés toutes les six heures, finiraient ces retranchemens en quatrejours : il f ut f ort étonné lorsqu’on lui déclara que la faiblesse del’armée ne permettait pas de fournir ce nombre. Il réduisit sa demandea huit cents. On en promit la moitié, qui encore ne fut jamais fournieexactement. Cette armée, tout récemment formée, pleine d’ardeur,