P R I S E D E T O U L O N. 5 av
le meme feu les fait descendre encore. Enfin un troisième et dernierélan fixe la victoire, et la formidable redoute est conquise (1).
Le jour venu, les ennemis, retirés sur les deux hauteurs qui domi-nent les forts de YEguillàte et de Balagnier , simulèrent une attaquesoutenue par un feu terrible de leurs vaisseaux et de leurs pontons ;mais nous restâmes inébranlables en attendant la nuit, pendant la-quelle nous devions les attaquer de nouveau et les chasser tout à faitdu promontoire. Cette démonstration de leur part n’était que pour«ouvrir leur retraite, qu’ils effectuèrent sur le soir. Nous restâmes ainsiles maîtres du promontoire et des forts de YEguillète et de Bala-gnier. Le général Victor fut grièvement blessé à cette attaque.
De son côté , l’armée de l’Est avait combattu avec autant de gloire.Partagée en deux colonnes, l’une d’elles avait gravi la pointe de laCroix de Faron ; mais un feu vif et meutrier l’avait fait rétrograderaprès des prodiges de valeur (a). L’autre colonne, dirigée sur le Pasde Eeidet , avait heureusement trouvé ce poste faiblement gardé, etl’avait emporté presque sans coup férir. Les travailleurs avaient frayérapidement un chemin pour quatre pièces de canon, qui furent hisséespar nos volontaires avec une ardeur sans exemple à travers les rocherset les précipices. Quelques coups suffisent pour chasser les ennemisde la sommité retranchée dite la Croix de Faron, puis du fort et descasernes retranchées du même nom. S’ils tinrent quelque tems dansle fort Y Artigues et ensuite dans celui de Sainte-Catherine, ce ne futque pour cacher et assurer leur retraite.
Ce double succès ne nous coûta guère que aoo morts et 800 hissés.La perte de nos ennemis fut infiniment plus considérable; mais cette
(0 Le tracé de cette redoute, quoiqu’exécuté par des officiers du génie français ,était défectueux (vojp. le plan). Si on lui eût ménagé des flancs, on n’eût pu, ainsiqu’ou l’a fait, se rallier dans son fossé, et il est probable qu’alors l’attaque eût manqué-
(a) Ce feu ne fut pas la seule cause de ce petit échec. Les ennemis firent roulerle long de la montagne de grands chevaux de frise, auxquels ils avaient attaché desquartiers de rochers, et qui contribuèrent à rompre les rangs des assaillans.