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PRISE DE TOULON ,prévinrent de grands dégâts, et le dommage a été infiniment moindrequ’il aurait pu l’être. De quarante-un vaisseaux ou frégates qui étaientdans les ports et dans les rades lors de l’entrée des Anglais , douzeseulement ont été bridés, huit ont été emmenés, et vingt-un noussont restés. Le magasin de la mâture et quelques autres ont été laproie des flammes; mais le grand liangard, le magasin aux câbles, lacorderie, les magasins à poudre ont été sans atteinte.
Quant aux fortifications de la place et des forts extérieurs , lesToulonnais y ont travaillé avec une activité qui nous sera aussi utilequ’elle devait nous être funeste. Ils les ont laissées entières, exceptécelle du fort des Pommets à moitié détruit par l’explosion de son.magasin à poudre, auquel ils ont mis le feu en se retirant. La situationet le tracé vicieux de ce fort ne doivent pas le faire regretter. Il nevaut pas les frais de sa reconstruction.
C’est ainsi qu’après une seule attaque bien combinée, exécutée avecune audace dont le Français seul est capable ; sans être obligé de dé-ployer l’apareil ordinaire des tranchées , la République française arecouvré une de ses plus fortes places, son second port, et expulséde son territoire un ennemi ambitieux. Ainsi se sont évanouis les avidesprojets des puissances coalisées, qui dévoraient déjà en idée nos dé-partemens méridionaux. Qu’ont donc retiré de toutes leurs séductionsces puissances humiliées? la honte de les vpir sans effet; le plaisirstérile et barbare de plonger dans le malheur un grand nombre deFrançais , dupes de leurs fausses promesses, enfin le désespoir d’avoirprodigué le sang et l’argent en pure perte.
Toulon , le 20 nivôse l’an 2 . e de la République française ( g janvier
»794-)
Le chef de bataillon commandant du Génie à l’armée devant Toulon ,
Signé MARESCOT.