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546 SIÈGE D’Y PRE S.-

une partie en bronze, plus de quarante milliers de poudre, desfusils, des boulets, des bombes et des obus en grand nombre, et sur-tout une grande abondancè de grains, tant dans les magasins publicsque dans les greniers des particuliers.

La ville a, en general, peu souffert, à l’exception des quartierscontigus aux fronts n. os 9 , 10 et 1 i , où plusieurs maisons ont étéincendiées , et plusieurs autres presqu’entièrement détruites par nosboulets.

OBSERVATIONS.

L’attaque simulée d ’Ypres n’ayant d’autre objet que celui de faireune diversion et d’engager Clairfayt à se déplacer, cette attaque futdirigée , ainsi qu’elle devait l’être, sur le grand front à l’ouest, entrele canal de Bœzinghe et l’inondation de la porte de Bailleul, afinde ne point compromettre, en cas d’attaque de Clairfayt, ni lestroupes, ni la petite artillerie de siégé.

Le petit nombre de troupes et de bouches à feu employées à cetteattaque, comparativement à la force de la garnison et à sa nombreuseartillerie, contribua à ralentir notre marche, et fut la première causedu trop grand éloignement de nos premières batteries et de la pa-rallèle. Mais nous devons le dire, ce trop grand éloignement provintkaussi de notre négligence à repousser dès l’abord l’assiégé dans sesouvrages, et surtout de ce que nos gardes abandonnaient le soir lespostes avancés qu’elles avaient occupés pendant le jour. Cette faute,répétée plusieurs fois les premiers jours de l’attaque simulée, ralentitla marche de nos travaux : elle nous força à nous établir beaucoupplus loin que nous ne l’avions projeté : elle produisit un plus grandmal encore , celui d’enhardir les assiégés, qui, mettant à profit nospas rétrogrades, ne manquèrent jamais de venir occuper les avant-postes que nous avions abandonnés.

Nous avions besoin de cette leçon de l’expérience ; elle nous aété très-utile, et l’armée a prouvé dans les sièges qu’elle a entreprisdepuis qu’elle avait su la mettre à profit.