Le général Pichegru , commandant en chef l’armée du Nord, vou-lant se procurer une diversion sur sa droite, avait assemble, sur laSambre , un gros corps de troupes aux ordres du général Des jardins ,qui devait agir conjointement avec l’armée des Ardennes, commandéepar le ge'ne'ral Charbonnier. Ces deux petites arme'es re'unics avaientplusieurs fois passé la Sambre avec le projet de se porter dans l’inté-rieur du pays ennemi 5 mais toutes ces tentatives avaient été infruc-tueuses. Chaque fois elles avaient été obligées de repasser promptementcelte rivière , après des combats sanglans. Cependant le comité desalut public donna l’ordre formel d’attaquer la place de Charleroy ,et l’on lit des dispositions pour l’attaquer.
Le 10 prairial an 1 (39 mai 1 ÇQ.f ).
Les deux petites armées passent la Sambre sans éprouver aucunerésistance, et sur-le-cliamp Charleroy est investi.
Les deux généraux, pleins de zèle et de courage, mais peu versésdans la guerre des sièges , sont si persuadés que cette place doit êtreenlevée d’un coup de main, comme une simple redoute, qu’ils né-gligent toute disposition pour une attaque plus sérieuse. Cette indif-férence est d’autant plus extraordinaire , que personne n’ignore quedepuis long - temps les Autrichiens travaillent avec de très - grandsmoyens a mettre ses fortifications en état de défense. Mais il est près-