364 SIÈGE DE CHAR LEROY,
qu’impossible qu’une arme'e, commandée à la fois par deux generaux,soit bien conduite.
Le chef de bataillon Marcscot , commandant du génie, fait la re-connaissance de la place.
Le 11 prairial ( 3o mai ).
Le commandant du ge'nie fait aux deux généraux un rapport surl’e'tat des fortifications de Cliarleroy. Il leur apprend que le corps dela place paraît re'labli dans les parties les plus susceptibles d’attaque ;que les ouvrages extérieurs , les seuls que l’empereur Joseph II aitfait raser, sont releve's, frises et palissades ; que les demi-lunes , jointesaux contrcgardes, forment autour du corps de place une secondeenceinte , qui paraît dans le meilleur e'tat ; que les chemins couvertssont armes de palissades et de barrières ; qu’enfin tous les ouvragesparaissent garde's par beaucoup de troupes, et les remparts garnisd’une artillerie nombreuse. Enfin il ne leur dissimule pas que Char-leroy , de'fehdu par une garnison que tous les rapports font monter à5,ooo hommes, par beaucoup de canons et des fortifications bienaccommodées , doit être regardé comme à l’abri d’un coup de main ;qu’il, n’est pas impossible cependant qu’une entreprise de vive forceréussisse, mais qu’elle ne peut manquer d’être très-sanglante, et nepeut jamais être conseillée par la prudence.
Le \ 2 prairial ( 3 1 mai ).
Les généraux persistent dans leur projet d’escalade ; mais ils veulentla faire précéder par un bombardement, dans le dessein d’intimiderla garnison et les habitans. Comme il ne se présente aucun officierd’artillerie pour diriger cette opération , le commandant du géniedétermine remplacement de deux petites batteries situées, l’une surla rive droite , l’autre sur la rive gauche de la rivière, dans des che-mins creux, et qui n’exigent qu’un léger travail pour y recevoir lespièces. La première sera armée de deux mortiers , de deux pièces dej6, et de deux grilles à rougir les boulets. La seconde sera munie de