SIÈGE DU Q U E S K O Y. 3 9 5
Le 12 thermidor ( 5 o juillet). A l’attaque principale, on débouchependant la nuit de trois endroits de la première parallèle. Trois che-minemens sont ouverts sur chacune des trois capitales du frontd’attaque. Ce travail n’acquiert pas toute la perfection dont il estsusceptible, parla raison que l’artillerie manquant de travailleurs, enlui cède ceux qui étaient destinés aux tranchées, afin de hâter ses opé-rations.
A la fausse attaque, on ouvre pareillement un cheminement surune des capitales de l’ouvrage à corne.
La place fait, comme les jours précédons, un feu très-vif, qui ce-pendant ne nous fait éprouver que des pertes légères en hommes.
Au jour, on perfectionne l’ouvrage de la nuit.
Le i 3 thermidor ( 3 i juillet). Pendant la nuit, on poursuit auxdeux attaques les cheminemens commencés la veille. On ouvre lessecondes branches de zigzags ; les troisièmes sont entamées.
Plusieurs déserteurs arrivés pendant la nuit annoncent qu’une partiede la garnison, composée de grenadiers wallons, témoigne le désirde se. rendre ; que le gouverneur leur interdit toute communicationavec les habitans. Ils ajoutent que ceux-ci sont allés chez le gouverneurpour l’engager à mettre lin au siège. Les jours suivans, d’autres déser-teurs confirment ce rapport.
A la fausse attaque, le capitaine du génie Lenoir jeune est tué d’uncoup de canon. Il n’était arrivé que depuis deux jours, et montait sapremière tranchée.
Pendant le jour, on perfectionne et l’on poursuit le travail de lanuit. On commence à travailler à la sape pleine.
Vers les trois heures du soir, les batteries de mortiers commencentà tirer. Beaucoup de mortiers de treize pouces ne se trouvant servisqu’avec des bombes de 12 , ne peuvent continuer leur feu. La plupartdes bombes tombent et éclatent à vingt ou trente toises des batteries..Leur effet est comme nul.
On débarrasse les tranchées d’une très-grande quantité d’eau et deboue , occasionnée par un orage violent.