458 REDDITION DE VALENCIENNES ET DE CONDÉ»la Convention nationale, donne par la garnison de Valenciennes , n&fût pas suivi par celle de Condé. Aussi cette petite garnison, somméele 12 (2g août), n’osa-t-elle refuser de se rendre; elle accepta lamême capitulation qui avait été accordée pour Valenciennes . Ainsicette place, l’une des meilleures de la frontière , a été prise et reprisesans avoir essuyé de siège régulier. On y a trouvé 1,200 hommes degarnison, 161 bouches à feu, environ 3 oo milliers de poudre, des ferscoulés et quantité de vivres.
RÉFLEXION.
Ainsi se sont évanouies comme un songe les spéculations ambi-tieuses que les puissances coalisées avaient faites sur la France . Sousle prétexte de secourir la famille de Bourbon , elles en voulaient dé-vorer l’héritage. Si l’Empereur n’eût pas armé et combattu pour sespropres intérêts, eût-il dépensé aux quatre places que nous venons delui reprendre, des sommes immenses , qui se sont élevées jusqu’à plu-sieurs millions , pour mettre dans l’état le plus florissant leurs fortifi-cations et leurs bàtimens militaires, dépenses qui ont été jusqu’à raserdes montagnes qui commandaient leurs remparts ? Si l’Empereur eûteu l’intention de remettre ces places, n’y eût-il pas établi pour com-mandans des seigneurs français émigrés? y eût-il fait rendre la justiceen son nom ? Enfin eût-il fait graver avec autant de soin ses armes surtoutes les portes ? Il est aisé de conclure de tout ceci et de tout cequi a été lu dans les autres journaux qui précèdent, que les puissancescoalisées n’ont pour but dans la guerre cruelle qu’elles nous font, quede démembrer la France et de se la partager entre elles. Mais la cons-tance , le courage, les moyens supérieurs des Français triompherontde tous les obstacles. La première nation du monde ne souffrira pointque son territoire soit envahi ou démembré, et au milieu des oragesde la guerre la plus terrible et d’une révolution sans exemple , ellesaura maintenir avec calme et liberté le genre de gouvernement qu’ellecroira le plus propre à assurer sa gloire et sa prospérité,
Le i 3 fructidor an 2.° de la République française ( 3 o août 1794)*Le chef de brigade du Génie, signé MARESCOT,