452 SIÈGE DE M A E S T R I c II T.
Maastricht a etc investi dans les premiers jours de vendémiaire del’an 3 ( en septembre 1794 ) , par l’aile gauche de l’armée de Sambreet Meuse , commandée par le général Kléber : le prince de Hesse,gouverneur de la place, sommé de se rendre, répondit par une né-gative à laquelle on s’attendait. On prenait des mesures pour com-mencer sans délai ce grand siège, lorsque le comité de salut publicpour en assurer le succès, et voulant qu’il fût fait sans aucun trouble,ordonna au général Jourdan de rassembler ses forces, et de pousserl’ennemi jusqu’au-delà du Rhin . On se souvenait que le siège de Char-leroy , entrepris sans être maître de la campagne , avait été levé deuxfois , et avait été l’occasion de trois batailles sanglantes. On voulait pré-venir de semblables hasards. En conséquence, le 6 vendémiaire (27septembre ), le général Kléber partit avec la moitié des troupes quise trouvaient alors devant Maastricht , et se porta vers la Roër, dontil devait forcer le passage. Le général Duhesme fut chargé de com-mander la petite armée restée devant la place pour en maintenir l’in-vestissement.
Soit que le gouverneur de Maastricht se fût aperçu du départ dugénéral Kléber , exécuté au point du jour, soit qu’il en eût été avertipar ses espions , ou bien qu’il eût été conduit par le hasard, toujoursest-il vrai qu’il profita sur-le-champ de l’affaiblissement de l’armée : ilfit, par la porte de Tongres , une forte sortie, dont le succès fut d’a-bord complet pour lui. Plusieurs de nos bataillons furent mis endésordre ; la cavalerie ennemie leur enleva deux pièces de quatre , etles conduisait dans la place , lorsque le seizième régiment de chasseursà cheval se mit a sa poursuite, et ramena une de ces pièces.
Le corps d’investissement ne montait pas à quinze mille hommes. Ily en avait neuf mille dans la place ; ainsi la garnison était plus forteque chacune des deux moitiés de notre petite armée , séparée par laMeuse . La sortie du 7 nous faisait sentir encore davantage notre fai-blesse. On travailla à établir sur-le-champ , tout autour de la place,une ligne de redoutes dans lesquelles on plaça le canon des bataillonset quelques pièces de position. On employa à cette contrevallation