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SIÈGE DE VENLO.raison de la capitulation accordée à la garnison. Si l’on voulait bienprendre la peine de réfléchir sur nos moyens d’attaque et sur ceux queles assièges avaient à nous opposer, on conviendrait que le généralLaurent: a fait tout ce qu’il était moralement possible de faire, etqu’il a rendu un grand service à la République, en prenant sur luid’accorder aux ennemis la capitulation honorable qu’ils ont obtenue.

Notre petite armée n’e'tait pas de cinq mille hommes effectifs , dis-perses autour de la place sur les' deux rives de la Meuse . Elle étaitabsolument dépourvue d’artillerie de siégé, et elle n’avait que dix-septpièces de position, dont deux de 12 , neuf de 8 , et six obusiers de sixpouces , une compagnie d’artillerie le'gère avec ses trois pièces , et lespièces de 4 des bataillons.

La garnison e'tait de plus de dix-neuf cents hommes ; la place e'taitarme'e de cent soixante bouches à feu, et bien approvisionnée en toutgenre.

Le ge'ne'ral sentant combien il importait, vu notre faiblesse, d’enimposer à l’ennemi, ne balança pas à les attaquer sur plusieurs points ,et il approuva les mesures qui lui furent pre'sente'es sur cet objet, parle chef de bataillon du ge'nie Casimir Poitevin. En effet, un chemi-nement hardi e'tait plus propre que toute autre chose à tromper l’as-siégé sur nos forces. L’évènement a prouvé la bonté de ce calcul.

Il était tout aussi important de cacher à l’ennemi que nous étionsdépourvus de pièces de siège. Cette considération détermina le gé-néral à attendre, pour faire usage de son artillerie, le résultat de lasommation.

Il préparait dans le meme tems les moyens d’emporter de vive forcele fort ùaint-Michel , dans le cas où le commandant refuserait derendre la place ; les mesures étaient si bien concertées , que les deuxofficiers chargés de cette attaque répondaient du succès. La prise dece fort eût produit le double avantage d’intimider la garnison de laville, et de nous fournir de l’artillerie de siège et des munitions.

Le général devait, avant tout, mettre en balance les risques que sapetite armée avait à courir et les avantages qui pouvaient en résulter.