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compliment n'étoit pas agréable, quelques Géné-raux en furent affligés, d’autres fâcheux, & en-core d’autres le tournèrent en raillerie.
J’appris que le Roi avoit défendu aux Regi-mens qu’il avoit amenés, tout commerce, avecceux qui furent fous mon commandement, fouspretexte : que mes Officiers & mes soldats avoient,perdu courage & ambition. Le Roi chassa le Gé-néral Schultz que .pavois envoyé savoir le mot duguet pour mon armée, & lorsque je fus lui re-mettre tnoi-méme les listes & les rappors de l'ar-mée > il me les prit bien vite d entre les mains& me tourna le dos.
O n ordonna au Général Schmettau de fe reti-rer de devant les yeux du Roi, & d’aller à Dres-de avec la premiere commodité,
Atres cet honteux traitement je pris la réso-lution de quitter le Camp , & de m’aller logerà Budillïn. Le lendemain j'écrivis la lettre suivanteau Roi.
Mon cher Frere ,
J.es lettres que vous m’avés écrites, & l'accucítque vous me sites hier, me font assez connoitrc,qu’à votre avis, je me fuis perdu d’honneur & deréputation. Cela m’afflige, mais ne m’abaissc point,n’ayant pas le moindre reproche à me faire. Jefuis parfaitement convaincu, que je n’ai pas agipar caprice, je n’ai pas suivi les conseils de gens,incapables d'en donner de bons, j’ai fait ce quej’ai crû être convenable à l’armée. Tous vos