DISCOURS PRÉLIMINAIRE
SUR L’ORJET DE CET OUVRAGE , ET SUR LES MOTIFSDE SA PUBLICATION.
Les flottes modernes de haut bord , sont le plus admi-rable des produits de l’industrie humaine : construitespar de savans ingénieurs, montées par des marins aussiinstruits que braves, et faisant mouvoir les armées avecla vitesse des vents, elles semblent donner l’empire dumonde. Mais ces flottes magnifiques ne sont aujourd’huiprofitables qu’à la seule Angleterre ; partout ailleurselles sont un sujet de ruine ; et l’on ne saurait pensersans regrets, au bien qui eut pu être fait en Europe ,avec tant de milliards dépensés depuis trente ans, parles marines de toutes les autres nations, sans autre ré-sultat , malgré leurs courageux efforts, que d’avoirconstaté leur impuissance, (i)
(i) Les faits suivons donnent une idée des dépenses que cause la marine. Un seul grand vais-seau à trois ponts, armé, coûte aujourd’hui en France, trois millions ; un vaisseau ordinaire deuxmillions i une grande frégate un million. La marine française, daus chacune des sept années depaix entre la guerre d’Amérique et celle de la révolution a coûté, terme moyen, 64 millions etdemi par an. Fendant la guerre de la révolution elle a coûté beaucoup davantage. Depuis la paixelle a coûté de 45 à 5o millions par an. Le ministère a demandé 60 millions pour 1822 ; et il a dé-claré en 1820, que même en dépensant 65 millions , chaque année, notre flotte qui avait alorsciniruante vaisseaux, n’en aurait plus que trente-huit en i83o. Sous LouisXJV, sous LùuisXV, etpendant la 1 évolution, la France a plusieurs fois reaoucé de Jait à la marine par épuisement. La