DISCOURS
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lieuses pour tous les peuples, elles ne sont favorablesqu’à celui, qui regardant la force comme un droit,s’arroge le pouvoir absolu sur les mers ? (3)
Notre ouvrage développera, relativement à la facilitéde détruire les vaisseaux : des preuves convaincantesrésultant d’expériences déjà faites ; et il offrira tous lesdétails nécessaires à l’exécution des nouvelles armes pro-posées ; armes qui seront assez redoutables, pour mettrele moindre navire en état de se faire craindre du plusgrand vaisseau, et qui par conséquent, permettront dene plus faire les énormes dépenses qu’entraînent lesconstructions de haut-bord.
Ce que nous proposons, n’est ni une invention, niun projet ; et les armes nouvelles ne seront qu’un moyen
• ( 3 ) Les prétentions britanniques sont anciennes : César en parle ( de Bello Gai. lib. IV). Lesrois Anglo-Saxons se qualifiaient : Seigneurs des Rois et Nations de l’Océan. Au treizième sièclele règlement d’Hastings fut un règlement de souveraineté'. Au quatorzième siècle , les Anglais exigèrent des autres peuples un droit pour pécher dans la mer. Plus tard ils donnèrent le nom deMers Britanniques ; aux mers d’Espagne , de France , de Hollande , de Dannemarck et de Norwége .En iG 3 G, les prétentions les moins raisonnables de l’Angleterre sur l’Océan , furent soutenues parSelden, dont les argumens, récompensés par Charles I er ., furent déposés à l'Amirauté gommedes titres , et furent appuyés par soixante vaisseaux de guerre. En 1 653 , les Hollandais furent con-traints, àpvès une lutte vigoureuse, à reconnaître (pie leurs vaisseaux baisseraient pavillon devanteffui d’Angleterre. Henry IV et Louis XIII furent réduits à temporiser. Louis XIV résista; maisPacte oppresseur de navigation de Cromivel, n’en fut pas moins confirmé par Charles IJ. Enfin1 “ règlement anglais du î fr janvier t 7.J4 , porte: » Les vaisseaux étrangers qui, rencontrant« quelque vaisseau de S. M. dans les mers Britanniques jusqu’au cap Unis te re , ne baissent point« leur pavillon, doivent y être contraints; et Pon informera contre ceux qui négligeront de les y« contraindre. Les vaisseaux de S. M. ne doivent baisser pavillon devaut. aucun autre. » Or , de-puis les Anglais ont-ils renoncé à ce qu’ils nomment leurs droits maritimes? On peut le de-mander aux milliers de vaisseaux marchands qu’ils ont enlevés avant lu déclaration des guerresqui ont eu lieu depuis cette époque ; on peut le demander aux manufactures françaises dont lescommissaires Anglais faisaient arracher les toiles à voiles en l'ffij; on peut le demandera laflotte Française , incendiée dans Toulon eu i 7 Ç) 3 , et à la flotte Hollandaise enlevée eu 1799 , et à laflotte Danoise, brûlée en 1801 devant Copenhague , et à la flotte Russe retenue captive; enfin oupeut le demander aux réglcmens anglais actuels sur les visites elles blocus. Les Anglais se plaignentde l’amertume avec laquelle on parle d’eux ; mais qu’ils jugent avec impartialité ( si 011 peutêtre impartial dans sa propre cause ) , et ils verront : que le dur triomphe de l’égoïsme est unehostilité permanente; et que sans e'prouvcr nulle aversion contre une nation où il y a tantd’hommes honorables , il suffît aux antres nations d’avoir quelque respect d’elles-mêmes, pours’élever contre des usages qui n’admettent pas la réciprocité, et pour xiésirer rabaissement a’üueforce qui veut régner partout sans frein et tout posséder sans partage.