DE LA MARINE ACTUELLE. i 9
bàtimens anglais ont éprouvé sur le lac Ontario , la mortifi-cation d’être tenus à distance, par des bàtimens américainsarmés de canons de 32 et i!\ long , sans pouvoir , à cause desvents, engager le combat à la portée des carronades. D’autresexemples encore ont démontré que si les carronades sont su-périeures de près, de loin elles ont l’infériorité.
11 est vrai, d’un autre côté que la frégate anglaise la Rain-bow , armée de quarante-quatre carronades de et de 68 ,bouleversa,, en quelques bordées, la frégate française YHébé,qui avait un équipage double et quarante-quatre canons de 18 ;mais c’était du calibre de 68 et de 42 > combattans contre ducalibre de 18.
Les carronades sont trop légères, trop courtes et leur centrede gravité est trop éloigné de l’axe de leurs tourillons } ellesbrisent les bragues et les affûts , elles se renversent, elles met-tent le feu aux gréemens , et on dit aujourd’hui que leurs avan-tages ne compensent pas dans tous les cas leur incommodité etleurs inconvéniens.
Il est donc raisonnable de penser, et c’est l’avis qui a étéémis par des marins et des artilleurs expérimentés de plusieursnations : que ces bouches à feu ne doivent composer qu’uneportion de l’armement des bàtimens de guerre ; qu’elles doiventêtre accompagnées de pièces d’une plus grande portée , etqu’elles doivent toujours être de fort calibre.
L’emploi le mieux entendu qu’on pourrait faire des carronadesserait de les tirer comme obusiers, en leur faisant lancer uni-quement des projectiles creux qui causeraient beaucoup moinsde réaction contre , 1 e bâtiment, et beaucoup plus de ravagescontre l’ennemi.
Quant à la question de l’espèce des pièces d’artillerie , con-sidérées sous le rapport de la fabrication et de la nature du