DE LA MARINE ACTUELLE. 2 g
contre la flotte de Philippe-le-Bel , deux bateaux incendiairesremplis de poix , de résine et de soufre (i).
Au siège d’Anvers , en i 585 , les assiégeans dirigèrent contrele pont de bateaux plusieurs brûlots dont l’effet fut horrible :le pont fut englouti , la terre trembla, les forts s’écroulèrent,huit cents hommes furent tués, un plus grand nombre blessés ,et une partie de la population s’évanouit de frayeur.
Les Anglais lancèrent plus tard contre Saint-Malo un brûlotqui devait être plus foudroyant encore , car il était chargé deplus d’artifices ; mais, l’explosion ayant manqué en partie , ilne détruisit que les vitres et les toitures.
En 1676, à la bataille gagnée par la flotte française, nosbrûlots firent un effroyable ravage ; neuf grands vaisseauxennemis , et d’autres bâtimens, furent incendiés ; des portionsentières de navires étaient lancées dans les airs ; le port dePalerme fut détruit, les édifices environnans renversés ; lesEspagnols et Hollandais réunis perdirent vingt bâtimens ,700 canons , près de 5 ooo hommes, et l’amiral Ruiter.
En 1688 , la marine française prépara à Toulon , pour at-taquer Alger , un brûlot qui , outre une foule d’autres moyensde destruction, devait renfermer une bombe énorme, ou plutôtune mine dans un globe de fer , contenant huit mille livres depoudre ; on ne s’en servit pas.
En 17^4 devant Toulon , seize vaisseaux espagnols et dixvaisseaux français combattaient une flotte anglaise de quarante-cinq vaisseaux; l’amiral anglais Mathew, qui était fort mal traité,fit avancer un brûlot contre le principal vaisseau espagnol ; mais
(1) C’est le brûlot le plus anciennement cité dans les relations des guerres mo-dernes ; mais on les avait précédemment connus dans les marines du Nord , et il yen avait eu de diverses espèces dans les marines du moyen âge et dans celles de l'an-tiquité.