3 o MOYENS EXTRAORD IN AIRES
ce vaisseau lira si vivement sur le brûlot, que celui - ci futmis hors d’état de s’approcher , et lit son explosion loin del’objet qu’il devait détruire.
En 1770, la Hotte ottomane étant repoussée dans Tchesmépar les Russes , deux brûlots furent conduits par des Anglais contre le port ; les vaisseaux turcs furent incendiés, les fortifi-cations de la ville s’écroulèrent , et la terre trembla jusqu’à ladistance de plusieurs lieues.
Les xVnglais lancèrent, en i 8 o 5 , contre la flottille françaisede Boulogne , des brûlots qu’ils nommaient catamarans ; maisces machines infernales s’échouaient à la côte , ou bien nos sol-dats les abordaient la hache à la main ; et les faibles effets qu’ellesproduisirent, n’eurent aucun résultat important.
En 1809 , notre marine de Rochefort fut attaquée par desbrûlots anglais nombreux , dont, quelques-uns étaient des bà-timens de la première grandeur \ la détonation fut telle qu’ellesembla ébranler les îles voisines , et la lumière en fut aperçue àdix-sept lieues 5 ces brûlots causèrent du désordre , mais ils nefirent par eux-mêmes que peu de mal, et il eût pu arriver qu’ilsne produisissent aucun dommage.
On dit que les brûlots des Grecs ont récemment eu dessuccès contre la marine des Turcs ; mais c’est peut-être unepreuve de l’impuissance de la marine des Turcs , bien plusque de la puissance des brûlots.
Les brûlots sont une espèce de moyen de guerre , qui nepeut avoir que des applications assez bornées : eu pleine merils peuvent êtrç évités facilement, ou être coulés à fond parune bordée à portée de pistolet, ou être remorqués et entraînéspar des chaloupes \ et, d’ailleurs lors même qu’ils arrivent aubut, ils manquent très-souvent leur effet. Il est donc peu sur-prenant qu’on en ait peu à peu et presqu’entièrement aban-