DE LA MARINE ACTUELLE. 3 g
Cette espèce cle forteresse flottante peut avoir de grandsavantages pour défendre l’entrée d’un port , d’un détroit,d’une rivière ou d’une rade, pour appuyer une ligne d’em-bossage, et porter une masse défensive sur le front, les flancsou les derrières d’une disposition navale quelconque à proxi-mité de la côte.
Quant aux combats en haute mer , les batteries des Amé-ricains ne sauraient y convenir : la manœuvre en est lente,et leur lourde structure ne permet pas de les exposer auxeffets de la tempête ; enfin la grande puissance nécessaire àla machine à feu , qui va jusques à la force de cent chevaux,exigerait une telle quantité de charbon pour un voyage long-temps prolongé, que le bâtiment la contiendrait à peine.
On a de plus remarqué, que la machine à feu produit unetelle chaleur, qu’au bout de quelques minutes la batterie estinhabitable ; et l’on n’a trouvé , dit-on, de remède à cet incon-vénient , qu’en plaçant un navire portant la machine à feu ,entre deux navires portant les batteries, ce qui compliqueencore la construction.
Outre cela, l'épaisseur du bois de ces grosses batteries fait tom-ber dans cette alternative : que si les sabords sont étroits à l’ex-térieur , chaque pièce ne peut tirer que devant elle, et que si aucontraire les sabords sont assez évasés pour laisser découvrir
américaines. Les faux tranchantes , la poix fondue , les sables brûlans , les fléaux etles massues voltigeant de tous côtés; les dards et les piques venant tout à coup hé-risser la surface du bâtiment, etc., etc., etc. Il n’est rien que leur imagination n’aitvu ; et rien que les journaux d’Angleterre et de France aient refusé de croire ou aumoins de publier. Nous avons même des livres fort judicieux d’ailleurs qui ont toutrépété. Mais des hommes du métier ( MM. Marestier et Montgery ) ont été sur leslieux , ils ont vu par eux-mêmes ; et toutes les descriptions infernales se sontévanouies.