4o MOYENS EXTRAORDINAIRES
et battre une suffisante étendue , ils forment alors des enton-noirs qui conduisent dans le bâtiment tous les coups de l’en-nemi , lors même que ces coups sont mal dirigés.
Il arrive de là qu’une batterie américaine serait battue avecpeu de difficulté, au moyen de quelques légers navires armésécartés les uns des autres, qui, si les embrasures sont étroites,se placeraient hors de leur champ de tir , et qui, si elles sontlarges , en feraient des égouts à boulets par où l’on auraitbientôt démonté les pièces , et mis hors de combat les canon-niers. Il y aurait d’ailleurs un péril mortel et certain à fairecourir à ces masses de bois, en les bouleversant, et en y portantl’incendie au moyen des obus et des boulets creux.
Cette facilité de vaincre assez simplement une machine très-coûteuse où sont accumulés les moyens offensifs et défensifsles plus compliqués ; et l’impossibilité de faire participer desbatteries à vapeur , telles que celles des Américains , aux évo-lutions et aux opérations lointaines de la haute nier, font penserque ces batteries ne peuvent avoir qu’une influence bornée surles opérations maritimes en général, et qu’elles ne sauraientêtre employées utilement que, comme elles le sont en effet,dans quelques circonstances particulières , pour des localitésdéterminées.
Cependant comme les navires à vapeur offrent un moyende naviguer avec peu d’hommes ; avec peu d’appareil et peu descience ; avec peu ou point de vent, ou même avec des ventscontraires; on aperçoit ici un nouveau moyen de force navale,qui se présente avec trop d’avantages et avec des propriétéstrop remarquables, pour ne pas mériter une attention très-particulière : nous essaierons de les examiner en détail auhuitième livre de cet ouvrage.