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Nouvelle force maritime, et application de cette force à quelques parties du service de l'armée de terre : ou essai sur l'état actuel des moyens de la force maritime; sur une espèce nouvelle d'artillerie de mer, qui détruirait promptement les vaisseaux de haut-bord; sur la construction de navires à voile et à vapeur, de grandeur modérée, qui, armés de cette artillerie, donneraient une marine moins couteuse et plus puissante que celles existantes; et sur la force que le système de bouches-à-feu proposé offrirait à terre, pour les batteries de siège, de places, de côtes et de campagne / par H.-J. Paixhans
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DE LA MARINE ACTUELLE,la facilité des communications , la publicité des découvertes,enfin l’émulation générale qui distingue l’époque actuelle , sontautant de motifs d’espérer que la science navale marchera versles perfectionnemens, avec autant de célérité que toutes les autressciences positives.

Nous ne risquerons pas de donner une opinion aussi insuffi-sante et aussi faiblement éclairée que la nôtre, sur la questiondes limites que l’art des ingénieurs-constructeurs et des marinspourrait atteindre ou dépasser ; mais quelque reculées quepuissent être ces limites, et de quelques nuages qu’elles soientenveloppées à nos yeux , toujours est-il dans la nature desproduits d’un tel art, et dans la force invincible des choses , queles améliorations 11’y pourront jamais être que lentement, suc-cessivement et publiquement admises ; qu’aucune puissance nepourra se les approprier , sans que bientôt toutes les autresn’en jouissent également ; que par conséquent toute marinesupérieui’e demeurera supérieure, et que les progrès de l’artne donneront à aucune marine inférieure les moyens de sortirde l’infériorité.

Ainsi, par exemple : quelque vitesse, quelque solidité, queles bâlimens français, russes , américains ou autres , puissentrecevoir, rien n’empêchera les bâtimens anglais d’être bientôtconstruits aussi rapides, aussi solides; et, s’il est vrai que l’artpuisse augmenter de beaucoup la force absolue, il est égale-ment vrai que le rapport des forces restera le même; or, c’estce rapport qu’il importerait de pouvoir changer.

Sans doute un tel inconvénient n’est point particulier au sys-tème actuel des constructions navales, et il en sera de mêmepour tout autre système. Cependant, si indépendamment desconstructions, on venait à remplacer l’artillerie (pour l’emploide laquelle toute construction de bâtiment est disposée) par