54 AMÉLIORATION
des agens nouveaux tellement destructeurs, qu’un très-petitnombre de leurs atteintes, ou même une seule, pût terminerle combat, il est alors évident que, quelle que fût la construc-tion des bâtimens de haut-bord, toute supériorité existante oupossible par cette construction s’évanouirait, et que toute idée desupériorité à venir se trouverait contrariée au plus haut degrépar cette condition : que le plus faible navire de guerre ou decommerce pourrait détruire le vaisseau le plus grand; d’où ilparoîtrait raisonnable de conclure r que si en effet nous parve-nons à prouver que de tels moyens de destruction sont très-praticables, il en résultera pour le système actuel des con-structions navales la nécessité de graves changemens, nécessitéqui, d’un autre côté, doit inévitablement résulter aussi de l’in-troduction de la navigation par les machines à vapeur.
Nous examinerons spécialement au huitième livre de cetouvrage, ce que paraît devoir produire cette double nécessité,en ce qui concerne les constructions navales.
CHAPITRE XVII.
La force de l'artillerie actuelle de mer est susceptible d’un
maximum.
La puissance de l’artillerie d’un vaisseau résulte , dans lesystème actuel, du nombre et du calibre des bouches à feuplacées sur ce vaisseau, et cette puissance est aujourd’hui géné-ralement évaluée dans la marine, par le poids total des pro-jectiles, que peut lancer une bordée de toutes les bouches àfeu, tirant des deux bords à la fois.