82 NOUVELLE ARTILLERIE
Quant à l’efficacité qu’aura le tir horizontal des grosses bombes,cette efficacité est une chose à peu près évidente par elle-même.Lorsqu’une bombe est aujourd’hui lancée par nos mortiers : elleretombe sous une direction à peu près verticale ; il faut desmilliers de coups pour avoir la chance d’atteindre un vaisseau,et lorsque cette chance presqu’impossible se renconli’e , il ar-rive : que la bombe en tombant sur le vaisseau n’endommagepas sa muraille extérieure; que rarement elle éclate sur le pontou dans les batteries ; qu’après avoir percé jusqu’aux barri-ques , il ne lui reste plus assez de vitesse pour enfoncer le lestet le cale; et qu’enfin rincendie qu’allume son explosion peuts’éteindre loin des lieux occupés par les combattans (i).
Voilà certes beaucoup de circonstances défavorables ; et ce-pendant, malgré ces désavantages, quelques exemples effrayansdes destructions produites à bord par l’effet d’explosion d’uneseule bombe, et indépendamment de l’effet de sa chute, ont faitjuger le tir des mortiers si redoutable, que jamais un vaisseaune s’y expose quand il n’y est pas indispensablement obligé.Combien donc les bombes auront-elles un ascendant plusgrand encore ; lorsqu’au lieu de les jeter en l’air, d’où elles re-tombent à peu près au liazard, on les lancera avec force enrasant la surface de l’eau, pour les adresser droit au but commedes boulets de canon ?
Mais pour ne pas. borner la preuve d’efficacité à une induc-tion qui pourrait être controversée, et pour démontrer com-bien le tir proposé sera redoutable, nous ferons voir, au cha-pitre suivant, quels ont été les effets obtenus par de faiblesobus; et après avoir prouvé par des faits nombreux, récens et