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PROPOSÉE POUR LA MARINE,incontestables, que ces obus, lors même qu’ils ne sont pasemployés dans un état convenable, suffisent pour détruirepromptement les vaisseaux ; nous conclurons qu’on pourra dé-truire ces vaisseaux plus promptement encore et à bien plusforte raison, en employant des bombes qui seront huit foisplus puissantes que les obus, et qui seront en outre plus con-venablement préparées.
Et, avant d’entrer dans les détails de cette question, ne voit-on pas que quand les grosses bombes seront lancées horizon-talement, à la manière des boulets, leur masse équivalente àcelle de 5 à 6 gros boulets, écrasera, ébranlera, et entr’ouvrirala muraille du vaisseau ennemi par un choc terrible. Si les bombessont arrêtées dans l’épaisseur du bois, leur explosion agissantcomme une mine, y ouvrira de larges brèches, dont les déchire-mens irréguliers s’étendront au-dessous de la flottaison, et ferontentrer l’eau comme par une digue tout à coup rompue. Si unebombe entre dans un mât : en éclatant elle renversera ce mât surle pont , avec ses vergues, ses hunes, et ses cordages. Si lesbombes traversent la muraille du vaisseau sans s’y arrêter, alorselles produiront leur effet entre les ponts, au milieu des com-battues, de l’artillerie, des munitions, et elles y vomiront deséclats de fer meurtriers, des matières d’artifice et d’insuppor-tables tourbillons de fumée. Cette explosion bouleversera unvaisseau de bois, bien plus fortement encore qu’elle ne bou-leverse une maison de pierre; elle soulèvera des ponts entiers,elle causera des ravages inexprimables, et elle allumera l’in-cendie de toutes parts.
Voici, sur les effets du tir horizontal des bombes, un desexemples que nous avons recueillis pour les citer : c’est un faitarrivé vers 1690 et consigné dans l’histoire de la milice fran-