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PROPOSÉE POUR LA MARINE,même armé ; or à quoi servira de construire des bâtimens sivastes et si coûteux, si difficiles à bien conduire et montés partant d’hommes d’élite, lorsque le navire le plus chétif aurale pouvoir d’engloutir ces bâtimens ou de les incendier? Il yaura donc inévitablement, sinon abandon total, du moins degraves modifications, dans tout ce qui lient à la constructionet à la puissance des marines actuelles de haut-bord.
Peut-être ne verra-t-on pas sans horreur ces progrès del’art de détruire, et peut-être faut-il demander grâce quand ons’en est occupé ; mais n’est-ce pas une chose depuis long-tempsdémontrée, que le perfectionnement des armes n’est pas ce quirend la guerre plus sanglante? N’en avons-nous pas la preuvedans ce fait même, que les milliers de canons de l’artilleriede mer , n’ont tué à bord que 447^ marins anglais , dansles nombreux combats de trois guerres longues et acharnées \tandis que les faibles armes des anciens détruisaient davan-tage en une seule bataille (i) ; et n’est - il pas évident que lesarmes , à mesure qu’elles s’améliorent, dispensent de plus enplus les hommes de combattre à la manière des animaux ; et quedes moyens de guerre plus perfectionnés , favorisant la faiblessephysique et la véritable valeur, sont beaucoup moins un fléauqu’un bienfait pour l’humanité?
(i) On pourra citer quelques combats particuliers où l’artillerie de marine a étéfort meurtrière ; mais les pertes résultant de ces combats sont comprises dans lenombre que nous venons de citer, et ce que nous considérons ici , c’est la pertetotale résultant en somme des opérations de la guerre.