PROPOSÉE POUR LA MARINE. ro5
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En i8o5, à Fontainebleau , des obus de 6 pouces tirées à 60toises de distance, s’enfoncèrent de 20 à 4o pouces dans unmassif de bois. ( Copie du procès verbal. )
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De 1804 à i8o5, Napoléon voulant éloigner les croisièresanglaises demanda qu’on fit des mortiers pour porter les bom-bes à 2400 toises. M. de Willantrois, colonel d’artillerie, pro-posa pour cet effet des mortiers très-allongés , qui aujourd’huiportent son nom, et au moyen desquels on lance les plusgrosses bombes à la distance énornle de 3ooo toises.
Ces mortiers sont presque aussi longs que des canons demarine; ils ont prouvé que l’on peut imprimer les plus grandesvitesses à des projectiles creux des plus forts calibres, et parconséquent les tirer à la manière des boulets de canon; et saufleur angle de tir qui est de degrés, sauf leur charge depoudre qui serait surabondante pour des portées moins exces-sives que 3ooo toises, sauf le grand poids de ces mortiers quiest une condition imposée par leur forte charge; ils offrentl’idée à peu près réalisée des canons à bombes.
Les mortiers à la Willantrois ont été essayés à la Fère; misen batterie pour la défense des rades de Toulon et de l’îled’Aix, et employés au siège de Cadix . On a fait de ces bouches àfeu pour des bombes de 8, 9, 10 et 11 pouces, et par conséquentelles avaient les calibres d’environ 80, 120, ido et 200. On lesa coulés presque toutes en bronze ; la marine en a fait à Indret,de 11 pouces en fer. Voyez au surplus ce qui est dit des Wil-lantrois au livre V.