PROPOSÉE POUR LA MARINE. i , 7
nom marquant ne pourrait être cité, en opposition avec ceuxqui vont être produits à l’appui de nos propositions.
Le chapitre précédent et celui - ci, prouvent combien danscette matière les prétentions de qui que ce soit à passer pourinventeur seraient mal fondées ; et le soin laborieux , aveclequel nous avons exhumé un si grand nombre de faits et d’o-pinions pour les citer, prouve combien nous songeons peu ànous approprier aucune espèce de mérite d’invention.
Lorsque, vers 1680, la France voulut châtier les Algé riens : Petit - Renaud , l’un des hommes de mer les plushabiles de son temps , proposa au conseil présidé par leroi d’éviter les frais et les périls d’une attaque par terre ,en bombardant Alger de dessus les vaisseaux : » Tout le con-» seil fit un mouvement qui annonçait la surprise et même» le mépris ; cette proposition révolta tous les esprits. On» traita Renaud de visionnaire et d’insensé, etc. » ( Vie deDuquesne. )
Mais Louis xiv et Colbert jugèrent mieux et consultèrentDuquesnes. Cet excellent marin approuva l’idée, il en pro-tégea l’exécution contre des empêchemens de plus d’une sorte ;et depuis cette époque, les gaillotes à bombes dispensent de dé-barquer une armée , pour protéger cinq à six mortiers , quandon veut bombarder une ville maritime.