DÉTAILS ET DIMENSIONS
pièces actuellement existantes; il convient donc d examiner, siles canons ordinaires de marine ne pourraient pas être foréset intérieurement agrandis, de manière à tirer des projectilesd’un plus gros calibre ?
On objectera sur-le-champ, que tels qu’ils sont, nos canonsde mer n’ont point trop de solidité, puisqu’il leur arrive quel-quefois d’éclater pendant le combat ; mais on peut répondre àcette objection : que les canons qui éclatent, sont ceux d’unemauvaise qualité de fonte, qui ne valent pas mieux tels qu’ilssont qu’ils ne vaudront après avoir été reforés ; que les ca-nons ueiifs ëxistans, sont meilleurs que les canons d’autrefois;et que les canons en bonne fonte résistent si bien , que dansplusieurs actions on les a vus tirer deux, trois, quatre et jusqu’àcinq boulets à la fois, sans qu’ils aient éclaté. La fonte de fer,quand elle est convenablement traitée , ne ressemble en rien àla mauvaise fonte : les canons en fer suédois pèsent moins queles canons en bronze français de même calibre; et l’on vient defaire dans les usines de France des canons en fer plus résistansque les canons suédois.
D’ailleurs, quelle que soit la qualité d’uue pièce d’artillerie,il nous sera possible, en n’agrandissant son diamètre inté-rieur que dune quantité convenable : de conserver à lapièce agrandie une solidité parfaitement égale et même unesolidité supérieure à celle que comportait son état précédent ;et en effet : nous voulons tirer des projectiles creux, qui étantmoins pesans que les boulets massifs, causeront pour unmême calibre et une même charge , moins de fatigue à labouche à feu ; et nous voulons de plus tirer avec des chargesde poudre beaucoup moindres que les charges au tiers du poidsdu boulet massif, ce qui est un autre moyen de ne pas fatiguerles pièces. Ainsi par exemple, en tirant un canon de 36 avec une