32<i DÉTAILS ET DIMENSIONS
L’opéi'ation d’agrandir le calibre des canons, produit une di-minution d’épaisseur du métal de la bouche à feu, beaucoupmoins grande qu’on ne le croirait au premier aperçu : un canonde 36, par exemple, dont lame a 6 pouces 5 lignes 6 pointsde diamètre, étant foré au calibre non-seulement de 4 b ou de6o , mais même au diamètre de la bombe de 8 pouces , qui estdu calibre de 8o , aurait pour ce calibre de 8o, une âme dont lediamètre de 8 pouces 3 lignes, ne différerait que de i pouce 9 li-gnes 6 points du diamètre du canon de 36 ; par conséquent la di-minution d’épaisseur de métal, ne serait que de la moitié de 1pouce 9 lignes 6 points , c’est-à-dire , 10 lignes 9 points ; or,l’épaisseur du canon de 36 à la lumière est de 7 pouces 4 lignes,par conséquent le forage n’enlèverait que la huitième partie decette épaisseur , pour le cas même très-défavorable où le calibreserait plus que doublé; mais dans le cas qui nous occupe, cene serait pas au calibre de 80 que le canon de 36 serait foré,ni même au calibre de 60, ce serait seulement au calibre de48, ce qui n’ôterait à la bouche à feu qu’une épaisseur de 3lignes3 points, épaisseur qui n’est pas la vingt-septième partiede ce qu’on a de métal à la lumière.
Il est donc tout-à-lait raisonnable (surtout à cause de la di-minution des charges de poudre) d’attendre de très-bons ré-sultats de cet essai (1).
La diminution de poids qui résultera du forage du canonde 36 au calibre de 4b, sera de 154 livres, ce qui est seu-lement la quarante-sixième partie de son métal; et la pièce
(1) En 1772, le chevalier d’Arcis , ayant vu un boulet de 36 être tiré dans uncanon de 24 agrandi par la rouille, proposa de tirer parti des vieux canons dé côtésen forant ceux de 36 à 48, ceux de 24 à 36 , etc. On rejeta sa proposition , et ce futavec raison, puisqu’en diminuant la solidité de la pièce, il proposait d’augmenter lepoids du projectile, et ne pouvait pas diminuer celui de la charge. Mais cette dis-