AUX OBJECTIONS a55
Mais sans nous arrêter à cette réponse évasive , nousallons examiner toutes les causes qui font éclater trop tôt lesprojectiles creux, ou qui les empêchent d’éclater, et on verraque nous avons proposé tous les moyens d’écarter ces causes,par conséquent de prévenir l’objection.
i°. Lorsque la charge de la bouche à feu est trop considé-rable , comme dans les gros mortiers à plaques , elle donne àla bombe une vitesse qui la fait quelquefois se briser contre lesparois du mortier, surtout lorsque c’est une bombe excentri-que fragile ; mais nous n’emploierons que des charges très-modérées et des bombes concentriques solides.
2 °. La vitesse imprimée par les trop grandes charges de lapièce empêche quelquefois la fusée de brûler ; mais nos chargesétant modérées n’auront pas cet inconvénient.
3°. Les obus excentriques à culot ont autour de l’œil, surtoutlorsqu’ils sont légers de métal, une faible épaisseur qui permelàl’obus de se briser dans la pièce, et qui empêchant la fusée d’êtrefortement assujettie, fait éclater trop tôt ; mais nous auronsdes projectiles concentriques et lourds, dont l’épaisseur serapartout égale et forte partout.
4°. Les projectiles creux se brisent quand ils ont un vent très-considérable , par exemple, celui de l’obus de 6 pouces , quiest du calibre de 32, et qu’on a tiré dans des canons de 36, quiont souvent le calibre de 38 à 4o ; mais nos projectiles n’aurontjamais ce vent excessif , ils auront au contraire le moindrevent qu’il sera possible de leur donner.
5°. Quand les projectiles creux tirent sans sabot, ils se bri-sent quelquefois dans la pièce par les battemens ; ce qui n’ar-rive d’ailleurs que quand ils ont aussi trop peu d’épaisseur ettrop de vent; mais nous tirei'ons toujours avec des sabots, etnos projectiles n’auront ni trop peu d’épaisseur ni trop de vent.